Règlement des différends et médiation par l’intermédiaire du Conseil

La médiation est un processus qui offre aux parties la possibilité de régler leur différend de manière confidentielle avec l’aide d’un médiateur neutre. Le médiateur ne détermine pas qui a tort ou qui a raison, pas plus qu’il ne peut imposer de solution. En revanche, il aide les parties à communiquer, à mieux comprendre leurs préoccupations respectives et à explorer les possibilités de règlement du différend.

Le règlement d’une affaire au moyen de la médiation peut présenter des avantages considérables pour les parties. Parvenir à un règlement permet de gagner du temps et d’éviter l’incertitude liée à l’attente d’une décision officielle. Ainsi, les parties peuvent élaborer des solutions adaptées à leurs besoins et à leur situation particulière, plutôt que de se voir imposer une décision par une tierce partie. La médiation peut également contribuer à préserver ou à améliorer les relations de travail entre les parties, ainsi qu’à réduire le stress, les coûts et les perturbations souvent associés aux procédures officielles.

En outre, la médiation permet d’aborder les préoccupations sous-jacentes et d’élaborer des solutions pratiques qui ne pourraient peut-être pas découler d’une décision du Conseil. Le médiateur peut ainsi aider les parties à trouver des solutions concrètes et originales auxquelles elles n’auraient peut-être pas pensé elles-mêmes.

Lorsqu’une affaire est réglée au moyen de la médiation, les parties n’ont pas à communiquer les modalités de l’entente au Conseil, sauf si une partie le demande expressément.

La médiation permet de régler de nombreuses plaintes et demandes déposées auprès du Conseil.

Même lorsqu’elle ne permet pas de régler entièrement le différend, la médiation aide souvent les parties à mieux comprendre les questions en litige, à circonscrire les points de désaccord et à déterminer la voie à suivre.

Chaque plainte et chaque demande déposée auprès du Conseil est assujettie à un mécanisme de règlement des différends, y compris la médiation.

Le rôle des agents des relations industrielles

Les agents des relations industrielles (ARI) agissent comme médiateurs entre les parties. Ce sont des personnes neutres, spécialisées dans les relations du travail et la médiation.

Les ARI mettent à profit leurs compétences en matière de règlement des différends pour aider à régler les dossiers. De nombreux dossiers se règlent pendant la médiation et ne font donc jamais l’objet d’une décision du Conseil, ce qui profite à toutes les parties concernées.

Par ailleurs, les ARI peuvent aider les parties à comprendre le processus grâce aux mesures suivantes :

  • renseigner les parties sur les politiques et les procédures du Conseil
  • leur expliquer la loi et ce qu’elles doivent déposer auprès du Conseil
  • leur préciser ce qu’elles doivent prouver pour obtenir gain de cause
  • et demeurer à leur disposition pour répondre à leurs questions

Certains dossiers sont confiés à des analystes principaux (AP). Pour en savoir plus, consultez la page Enquête.

IMPORTANT : Les ARI ne donnent pas d’avis juridiques ou de conseils stratégiques sur les dossiers.

Le Conseil confie aux ARI la plupart des dossiers qu’il reçoit. Une fois qu’un dossier est attribué, l’ARI responsable du dossier communiquera avec les parties pour leur présenter les services de médiation du Conseil, amorcer les discussions et explorer les possibilités de règlement. Le médiateur gère le processus de médiation et crée un environnement où tous les participants peuvent s’exprimer et participer pleinement aux discussions. Il demeure neutre et impartial tout au long du processus. Il adapte son approche aux besoins et à la situation des parties et travaille avec elles pour cerner leurs intérêts, envisager diverses solutions et faciliter les discussions en vue de parvenir, dans un cadre informel et confidentiel, à un règlement mutuellement acceptable.

Tout au long de la médiation, le médiateur favorise un dialogue constructif, aide les parties à comprendre leurs points de vue respectifs et les soutient dans leurs efforts pour parvenir à un règlement mutuellement acceptable.

L’ARI ne présente pas de rapport au Conseil sur la médiation ou son résultat. Si l’affaire n’est pas réglée, le médiateur ne communiquera au Conseil aucun des renseignements confidentiels que les parties lui ont fournis.

Vous trouverez ci-dessous un aperçu du rôle et des responsabilités du médiateur.

Le rôle du médiateur consiste à :

  1. être impartial
  2. expliquer le processus de médiation
  3. répondre, lors de la réunion préparatoire, aux questions des participants sur la médiation
  4. vérifier que tous les participants ont signé l’Entente de médiation avant le début de la médiation
  5. aider chacun à écouter, à communiquer et à rester concentré sur le processus de médiation
  6. aider les parties à se concentrer sur l’avenir plutôt que sur le passé, et sur leurs intérêts plutôt que sur leurs positions
  7. encourager les parties à tenir compte du point de vue de l’autre
  8. aider les parties à cerner les questions principales
  9. guider les parties dans l’exploration de leurs intérêts et besoins respectifs
  10. aider les parties à élaborer des solutions viables et à évaluer les différentes options à la lumière de critères objectifs (législation, jurisprudence, etc.)
  11. préserver la confidentialité du processus de médiation, conformément à toute disposition législative applicable
  12. aider les parties à évaluer, de façon réaliste, les forces et les faiblesses respectives de leur dossier

Le médiateur n’a pas pour rôle :

  1. de prendre parti
  2. d’agir comme avocat ou défenseur de l’une ou l’autre des parties
  3. de préciser aux parties les questions qui les opposent
  4. d’assumer la responsabilité des questions en litige
  5. de régler les questions en litige
  6. de prendre des décisions à la place des parties
  7. de donner des conseils sur les répercussions juridiques de tout règlement conclu entre les parties
  8. de rédiger l’Entente de règlement
  9. de donner des conseils sur les répercussions juridiques de l’Entente de règlement

Comment puis-je me préparer à la médiation?

L’un des meilleurs moyens de vous préparer à la médiation est de réfléchir aux questions qui sont les plus importantes pour vous. Demandez-vous ce que vous espérez obtenir du processus. En prenant le temps de cerner vos intérêts, vos priorités et les points sur lesquels vous êtes prêt à faire preuve de souplesse, vous pourrez participer plus efficacement à la médiation et prendre des décisions éclairées.

Les différends suscitent parfois des émotions fortes ou portent sur des sujets sensibles. Y réfléchir à l’avance peut vous aider à mieux comprendre vos préoccupations, à les exprimer avec clarté et à évaluer les solutions susceptibles d’être proposées au cours des discussions. Vous pouvez également vous faire accompagner d’une personne de confiance qui pourra vous apporter un soutien moral et, s’il y a lieu, des conseils tout au long du processus.

Le médiateur peut vous aider à vous préparer à la médiation en tenant une réunion préparatoire confidentielle. Cette réunion vous donne l’occasion de discuter du processus, de soulever vos préoccupations, de poser des questions et de faire part de vos attentes. Elle peut vous aider à vous sentir plus à l’aise et mieux préparé à participer à la médiation.

Le succès de la médiation dépend de la participation active de toutes les parties concernées. Vous trouverez ci-dessous quelques éléments à prendre en considération avant la séance de médiation. En vous familiarisant avec ces éléments, vous pourrez mieux vous y préparer et tirer le meilleur parti de ce processus.

Le rôle des parties

Avant la médiation

  1. Réfléchissez aux principales questions, selon votre point de vue et celui que pourrait avoir l’autre partie
  2. Réfléchissez à vos besoins et à vos intérêts (préoccupations, espoirs, craintes, désirs, attentes, etc.) ainsi qu’à ceux que pourrait avoir l’autre partie
  3. Trouvez des solutions possibles qui pourraient répondre à vos intérêts et à ceux de l’autre partie
  4. Assurez-vous de disposer de l’autorité nécessaire pour conclure un règlement
  5. Préparez un mot d’ouverture qui explique votre point de vue sur les questions en litige et vos objectifs généraux pour la médiation
  6. Réfléchissez aux autres possibilités qui s’offrent à vous si la médiation ne permet pas de conclure une entente
  7. Essayez de comprendre le point de vue de l’autre partie

Pendant la médiation

  1. Lisez et signez l’Entente de médiation, si celle-ci n’a pas déjà été signée avant la médiation
  2. Participez de bonne foi
  3. Communiquez ouvertement et honnêtement
  4. Posez des questions en cas de doute
  5. Participez activement à la recherche de solutions
  6. Évaluez les solutions proposées afin de prendre une décision éclairée
  7. Rédigez les modalités de l’Entente de règlement et signez-les lorsque vous parvenez à un règlement

Après la médiation

  1. Mettez en œuvre les modalités de l’Entente de règlement

Comment se déroule la médiation?

La médiation peut se dérouler en mode virtuel ou en personne.

Avant la médiation, l’ARI communiquera avec vous pour répondre à vos questions sur le processus. Il passera également en revue avec vous l’entente de médiation à signer et vous en présentera les principaux éléments. À titre d’information, vous pouvez consulter un exemple d’entente de médiation en cliquant ici. Si la médiation se déroule en mode virtuel, vous recevrez la version définitive de l’Entente de médiation avant le début de la séance. Si elle se déroule en personne, la version définitive vous sera remise pour signature le jour de la séance.

Avant le début de la médiation, le médiateur rencontrera chaque partie séparément. Cette rencontre préliminaire lui permettra d’expliquer le processus de médiation, de répondre aux questions, de mieux comprendre les questions en litige et de s’assurer que chacune des parties est prête à participer. À cette étape, les parties sont généralement placées dans des salles distinctes, que la médiation se déroule en mode virtuel ou en personne.

Selon la situation, le médiateur peut ensuite réunir les parties pour qu’elles puissent discuter ensemble. Il expliquera le déroulement de la séance et invitera chacune à présenter son point de vue. Cette discussion aide les participants à mieux comprendre les préoccupations et les intérêts des autres parties.

Au cours de la discussion, les parties peuvent parler des faits ou des événements qui sont importants pour elles. Toutefois, la médiation ne vise pas à déterminer qui a tort ou qui a raison. Elle vise plutôt à trouver des solutions et à aller de l’avant.

Ensuite, les parties exploreront diverses solutions au différend. Elles peuvent proposer, examiner et évaluer différentes options afin de trouver une solution qui convient à tous. Cette démarche mène souvent à des solutions créatives et pratiques qui ne pourraient peut-être pas découler d’une décision officielle du Conseil.

Parfois, les parties ont de la difficulté à trouver une solution. Le cas échéant, le médiateur les aidera à explorer d’autres options, à préciser leurs besoins et leurs intérêts et à surmonter les obstacles éventuels.

Tout au long de la médiation, le médiateur adaptera le processus aux besoins des parties. Dans certains cas, les parties peuvent se réunir en présence l’une de l’autre. Dans d’autres, elles demeurent dans des salles distinctes et le médiateur communique alors avec chacune des parties. Chaque médiation est différente, et le processus demeure souple afin d’aider les parties à parvenir à un règlement.

Que faire si j’ai besoin de services d’interprétation?

Le Conseil s’engage à veiller à ce que les parties puissent participer pleinement à ses procédures dans la langue officielle de leur choix. Sur demande, le Conseil peut fournir des services d’interprétation afin de faciliter la communication entre les parties qui ne partagent pas la même langue officielle.

Dans certaines situations, le Conseil peut également organiser des services d’interprétation dans diverses autres langues. Ces services sont offerts sans frais aux parties.

Si vous avez besoin de services d’interprétation pour la médiation, informez-en le Conseil dès que possible. Un préavis suffisant permet de prendre les dispositions nécessaires et d’éviter des retards inutiles dans le traitement de votre dossier.

Conclure une entente

Lorsque les parties parviennent à une solution mutuellement acceptable, elles concluent ce que l’on appelle souvent une « entente de principe ». Cela signifie qu’elles se sont entendues sur les modalités essentielles au règlement du différend.

Les parties officialiseront ensuite leur règlement dans une entente écrite. Le médiateur peut les accompagner tout au long du processus en les aidant à clarifier les modalités du règlement, à s’assurer que les parties ont la même compréhension de leurs engagements et à discuter des derniers détails à régler.

Une entente de règlement écrite énonce généralement les modalités sur lesquelles les parties se sont entendues, les mesures que chacune s’engage à prendre et les délais de mise en œuvre. Une entente claire, rédigée par les parties, permet à chacune de bien comprendre ses obligations et établit clairement les modalités du règlement du différend.

En règle générale, le médiateur demeurera à la disposition des parties jusqu’à ce que l’entente soit définitive et signée. Une fois que l’entente est signée, le Conseil considère que l’affaire est réglée et fermera le dossier.

Que se passe-t-il si la médiation échoue?

Si les parties ne parviennent pas à un règlement dans le cadre de la médiation, le dossier suivra le processus habituel de traitement des dossiers et de prise de décision du Conseil.

Le fait de participer à une médiation ne porte pas atteinte au droit des parties de voir leur affaire tranchée par le Conseil si la médiation échoue.

Les services de médiation du Conseil sont offerts sans frais aux parties, depuis l’ouverture du dossier jusqu’au règlement de l’affaire ou jusqu’à ce que le Conseil rende une décision.

Comme les différends et les négociations évoluent souvent au fil du temps, les parties peuvent demander, en vue du règlement du différend, de participer à des discussions et à une médiation à n’importe quelle étape de l’instance. Le cas échéant, et avec l’accord des parties, plusieurs réunions peuvent avoir lieu afin de poursuivre les discussions et de maximiser les chances de parvenir à un règlement mutuellement satisfaisant.