Le réexamen d’une décision du Conseil

Les décisions du Conseil sont définitives et ne peuvent faire l’objet d’une révision que dans des circonstances bien précises. Si vous êtes d’avis qu’une décision du Conseil est déraisonnable, vous pouvez présenter une demande de contrôle judiciaire à la Cour d’appel fédérale. Si vous croyez que le Conseil a commis une erreur grave et qu’il devrait corriger sa décision initiale, vous pouvez demander au Conseil de réexaminer sa décision.

Pour demander au Conseil de réexaminer sa décision, il faut présenter une demande de réexamen. En revanche, vous trouverez des renseignements sur la façon de présenter une demande de contrôle judiciaire ici.

Le réexamen n’est pas une condition préalable à une demande de contrôle judiciaire.

Le tableau suivant présente une comparaison des deux types de demandes :

  Demande de réexamen Demande de contrôle judiciaire
Présentation de la demande
  • La demande est présentée au Conseil.
  • La demande est présentée à la Cour d’appel fédérale.
Délai pour présenter la demande
  • 30 jours civils à compter de la date de la décision pour laquelle vous présentez une demande de réexamen au Conseil.
  • 30 jours civils à compter de la date de la décision pour laquelle vous présentez une demande de contrôle judiciaire à la Cour d’appel fédérale.
Traitement de la demande
  • Le Conseil n’exercera son pouvoir discrétionnaire de réexaminer une décision que dans des circonstances bien précises.
  • La Cour d’appel fédérale évaluera si la décision du Conseil était raisonnable.

 

Intimé 
  • L’autre partie à la décision initiale. Le Conseil n’est PAS l’intimé.
  • L’autre partie à la décision initiale. Le Conseil n’est PAS l’intimé.
Frais 
  • Sans frais
  • 160 $

Cette page répond aux questions liées au processus pour demander le réexamen d’une décision du Conseil, y compris la marche à suivre pour présenter une demande de réexamen, le délai pour la présentation d’une demande et ce que vous devez prouver pour que le Conseil examine votre demande.

La décision du Conseil dans Totten, 2024 CCRI 1110,   explique le processus de réexamen en détail.

Qui peut demander le réexamen d’une décision du Conseil?

Le plaignant (qui est parfois appelé « requérant », selon le type de demande) et l’intimé peuvent tous deux demander au Conseil de réexaminer sa décision en présentant une demande de réexamen. Les personnes ou les organisations ayant obtenu la qualité d’intervenant dans le dossier initial ne peuvent, pour leur part, demander au Conseil de réexaminer sa décision.

Il arrive, quoique ce soit très rare, que le Conseil réexamine une décision de son propre chef. Lorsque cela se produit, le Conseil en avise habituellement les parties et leur donne l’occasion de présenter des observations.

Y a-t-il un délai pour présenter une demande de réexamen au Conseil?

Oui. Vous devez présenter votre demande de réexamen dans les 30 jours civils suivant la date de la décision que vous souhaitez faire réexaminer par le Conseil.  

Si vous n’avez pas déposé votre demande dans les 30 jours civils suivant la date de la décision, vous devrez expliquer clairement au Conseil les raisons pour lesquelles vous n’avez pas été en mesure de déposer votre demande dans le délai de 30 jours. Le Conseil acceptera de proroger le délai uniquement dans des circonstances exceptionnelles. Si le Conseil conclut que la demande a été déposée hors du délai prescrit et qu’elle n’est pas assortie de motifs suffisants pour justifier de proroger le délai, il rejettera sommairement la demande.

Que dois-je prouver pour que ma demande soit accueillie?

Le processus de réexamen n’est pas un droit d’appel. Il s’agit d’un pouvoir discrétionnaire que le Conseil exerce uniquement dans des circonstances bien précises. Cela s’explique par le fait que les décisions du Conseil sont censées être définitives.

Le Conseil examinera votre demande seulement si elle soulève, de façon convaincante, une question sérieuse concernant l’un des trois motifs de réexamen ci-après énoncés. Si ce n’est pas le cas, le Conseil n’examinera pas votre demande et la rejettera sommairement dans une courte décision-lettre.

Pour que le Conseil exerce son pouvoir discrétionnaire d’examiner votre demande, vous devez prouver qu’au moins l’une des situations suivantes s’est produite :

  1. Il existe un fait nouveau qui n’était pas connu lorsque le Conseil a rendu sa décision initiale et qui n’aurait pu être connu à l’époque. Ce fait nouveau doit être suffisamment important pour permettre de penser qu’il aurait amené le Conseil à une conclusion différente.
  2. Le Conseil a commis une erreur de droit ou de principe si grave qu’elle soulève de sérieuses préoccupations quant à l’interprétation et à l’application du Code canadien du travail. Par exemple, le Conseil a tenu compte des mauvais articles du Code lorsqu’il a rendu sa décision ou, encore, il ne s’est pas fondé sur sa jurisprudence quant à cette même question sans expliquer pourquoi.
  3. Le processus décisionnel du Conseil a porté atteinte au droit à l’équité procédurale. Le Conseil n’interviendra sur cette base que si le requérant n’a pas eu l’occasion de participer au processus ou que s’il soulève des allégations de partialité, fondées sur des faits et des éléments de preuve réels.

À titre de requérant, il vous incombe de démontrer l’existence de l’un des motifs de réexamen susmentionnés. Le critère de réexamen est exigeant, et le Conseil intervient rarement pour réviser ou modifier ses décisions antérieures.

TRÈS IMPORTANT : Veuillez examiner l’information qui suit attentivement avant de déposer une demande de réexamen :

  • Le Conseil NE réexaminera PAS la décision en votre faveur si les arguments présentés dans la demande de réexamen sont les mêmes que ceux qui ont été présentés au banc initial du Conseil ou s’il s’agit d’arguments additionnels qui auraient pu être présentés au banc initial.
  • Le Conseil NE réexaminera PAS une décision en votre faveur si votre seul argument est que vous aviez demandé une audience et que cette demande a été rejetée.
  • Si vous avez négligé ou refusé de fournir votre position ou des renseignements par écrit dans votre dossier initial, vous ne pourrez invoquer un manquement aux principes d’équité procédurale comme motif de réexamen.
  • Si vous avez l’intention d’affirmer qu’un membre ou que plusieurs membres du banc du Conseil chargé de l’affaire initiale avaient des préjugés, vous devez le prouver par le biais de faits et d’éléments de preuve. Si vous avez eu la possibilité d’invoquer cet argument lors de l’instruction de l’affaire initiale et que vous ne l’avez pas fait, votre demande de réexamen pour ce motif sera probablement rejetée.

Quelle est la marche à suivre pour présenter une demande de réexamen?

Le Conseil ne dispose pas de formulaire à remplir pour présenter une demande de réexamen. Vous devez donc écrire une lettre au Conseil. Cette lettre doit être sauvegardée en format PDF et transmise au Conseil par le biais de son portail Web pour le dépôt de documents par voie électronique.

Si vous avez besoin d’aide pour présenter votre demande, vous pouvez communiquer avec l’agent des relations industrielles qui vous a assisté dans l’affaire portée devant le Conseil ou communiquer avec le Conseil.  

Il convient de rappeler que vous devez envoyer une copie de votre demande de réexamen à toutes les autres parties avant de la déposer auprès du Conseil.

Quels renseignements dois-je inclure dans ma lettre?

Comme il n’existe pas de formulaire pour vous aider, assurez-vous d’inclure tous les renseignements suivants dans votre lettre :

  • Votre nom, votre adresse, votre adresse courriel et votre numéro de téléphone;
  • Si vous êtes représenté par une autre personne, son nom et ses coordonnées (adresse, adresse courriel et numéro de téléphone).
  • Une copie de la décision initiale que vous demandez au Conseil de réexaminer, ou la référence de la décision initiale (p. ex. la décision-lettre no XXXX ou les motifs de décision no XXXX et la date de la décision);
  • Le nom de l’autre partie ou des autres parties, ainsi que leurs coordonnées (adresse, adresse courriel et numéro de téléphone);
  • Des renseignements, des éléments de preuve et des arguments expliquant clairement pourquoi vous croyez que le Conseil devrait exercer son pouvoir discrétionnaire et réviser sa décision initiale. Pour en savoir plus à ce sujet, reportez-vous à la section ci-dessus intitulée « Que dois-je prouver pour que ma demande soit accueillie? »;
  • Si vous souhaitez que le Conseil tienne une audience, vous devez lui en faire la demande et expliquer pourquoi vous souhaitez la tenue d’une audience. Dans la plupart des cas, le Conseil statue sur les demandes de réexamen en se fondant sur les documents écrits déposés par les parties;
  • Ce que vous voulez que le Conseil ordonne si vous obtenez gain de cause. Pour savoir quelles mesures le Conseil peut ordonner, consultez la section ci-après intitulée « Que peut ordonner le Conseil? ».

Que se passe-t-il après avoir présenté ma demande?

Une lettre accusant réception de la demande sera envoyée à toutes les parties, y compris les intervenants. Aucune observation ne sera demandée à ce moment.

Un banc du Conseil effectuera un premier examen de la demande de réexamen afin de déterminer s’il y a lieu d’y donner suite. Il s’agit d’un examen préliminaire de la demande par le biais duquel le Conseil évalue si la demande a été déposée dans le délai prévu et si elle soulève un motif de réexamen.

Si le Conseil conclut que la demande de réexamen est hors délai ou qu’elle ne soulève pas, à première vue, de manière appropriée ou convaincante l’un des trois motifs susmentionnés, le Conseil n’examinera pas la demande et la rejettera sommairement dans une courte décision-lettre sans demander à la partie adverse de répondre à la demande.

Si le Conseil estime que la demande a été présentée dans le délai prescrit et que l’un des trois motifs a été soulevé à juste titre dans les circonstances, il demandera à la partie adverse de présenter ses observations et jugera l’affaire sur le fond. Le Conseil accordera 15 jours civils à l’intimé pour répondre à la demande (c’est ce qu’on appelle « la réponse ») et donnera ensuite 10 jours civils à la personne qui a présenté la demande pour répliquer à la réponse de l’intimé (c’est ce qu’on appelle « la réplique »).

Le Conseil peut refuser de prendre en considération une réponse ou une réplique reçue après le délai prescrit, sauf s’il décide d’accorder un délai supplémentaire lorsque justifié.

Un agent des relations industrielles (ARI) sera affecté au dossier. Il s’agira probablement du même ARI que celui qui a été chargé du dossier initial, bien que cela ne soit pas obligatoire. L’ARI aidera les parties à compléter le dossier et proposera de servir de médiateur si elles le jugent utile.

Le Conseil rendra généralement sa décision en s’appuyant sur les documents déposés.

Quels sont les dénouements possibles?

Lorsque le Conseil reçoit une demande de réexamen, il peut :

  • rejeter sommairement la demande;
  • confirmer la décision;
  • annuler une partie de la décision;
  • annuler la décision dans son intégralité;
  • ordonner la tenue d’une nouvelle audience.

Qu’advient-il de l’ordonnance initiale pendant que le Conseil traite la demande de réexamen?

La décision initiale est maintenue jusqu’à ce que le Conseil rende une nouvelle décision. Cela signifie que les ordonnances rendues par le Conseil dans la décision initiale restent en vigueur et doivent être respectées.